Projet 52²

[31] Karine – Les Perséïdes

Cette semaine, nous voilà donc dépêché journaliste (ou pigiste, on n’est pas sectaire) pour le très sérieux journal 52². Notre rédacteur en chef nous a imposé un sujet quelque peu délicat… Le titre étant de son cru. Malo KRZ nous a donc offert ce titre racoleur et vendeur.

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IVRE, IL SE TROMPE DE MAISON ET DÉMARRE UNE NOUVELLE VIE

C’est une histoire peu banale qui nous a été rapportée cette semaine. Gérard Concher, astronome de renom, avait passé la nuit du 13 août 2015 à l’observatoire de Saint Véran, en compagnie de confrères. Après avoir admiré les Perséides*, les astronomes ont fêté cette belle nuit d’été avec quelques bons crus avant de redescendre au petit matin dans la vallée.

Ivre, mais pas très loin de chez lui, Gérard persuade alors ses amis de le laisser rentrer à pied et les quitte à moins d’un kilomètre de son domicile.

Ce qui lui arrive ensuite est une suite d’événements tout juste croyables. Incapable de reconnaître son pavillon parmi ceux de la rue, Gérard s’engage dans une demeure au hasard, décidé à se reposer coûte que coûte. Il trouve sans peine la chambre à coucher, réussit à se déshabiller en chancelant sous le regard courroucé de l’habitante des lieux, et s’endort en quelques instants.

« Je n’ai pas compris tout de suite ce qui lui arrivait », commente Jacqueline, la propriétaire du pavillon. « Mais j’avais bien vu qu’il était ivre ! »

Quelques heures plus tard, Gérard reprend connaissance dans un pavillon qu’il ne reconnaît pas, mais dans lequel il décide de rester. Jacqueline et sa fille Renée sont consternées, mais n’osent rien dire : après tout, Gérard subit sans doute les effets d’une bonne cuite et va sûrement se ressaisir. Précisons, tout de même, que Gérard n’est pas un inconnu pour elles.

Les jours passent, et l’attitude de l’astronome est de plus en plus étrange. Il continue d’habiter chez elles, sans vraiment les reconnaître, et avoue ne pas être capable de rentrer chez lui. Inquiètes, les deux femmes appellent le médecin pour comprendre ce qui arrive à Gérard.

« Je vais bien », nous affirme ce dernier. « Je ne vois pas pourquoi elles se sont inquiétées comme ça. J’ai quand même le droit de vivre là où je veux ! »

Oui, Gérard, vous avez le droit, comme tout citoyen français, de vivre où bon vous semble. Surtout quand c’est chez vous ! Car c’est bien chez lui que l’astronome était retourné dès le premier soir, mais, fait surprenant, il est incapable de reconnaître cette maison qu’il a construite avec des amis, et encore moins sa femme et sa fille… Les médecins annoncent le début d’un Alzheimer violent qui aurait frappé l’astronome durant la nuit des Perséides. À moins que l’esprit du scientifique ne se soit envolé sur le dos de l’une de ces étoiles qu’il observait ?

* pluie d’étoiles filantes exceptionnelle (NDLR)

 

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À propos de Karine Carville

Un jour, on m'a demandé si j'étais un auteur ou un écrivain. J'ai répondu que j'étais une écriveronne ! J'aime raconter des histoires et vous pourrez trouver mes livres sur http://karinecarville.com . J'y partage aussi des lectures et des conseils pour les jeunes auteurs.

2 commentaires sur “[31] Karine – Les Perséïdes

  1. Anna Sam
    28 septembre 2015

    Pour quelqu’un qui se disait pas inspirée, c’est bien vu (y)

    Aimé par 1 personne

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Cette entrée a été publiée le 28 septembre 2015 par dans Émotion, Drame, familial, Humour, Karine Carville, Nouvelles, et est taguée , , , , .
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