Projet 52²

[10] Anna – Le combat des titans

Contraintes  : la photo de Sabine et les trois mots

imposés par Majorie : accoutrement – apothicaire – miséricorde

mains medieval sabine bibliobleu karine carville anna sam projet 52 au carré nouvelle blog facebook twitter

– Approchez, approchez gentes dames et gentilshommes. Vous allez assister au spectacle de l’année. Que dis-je de la décennie. Du siècle ! Aujourd’hui sous vos yeux d’apothicaires ébahis va se dérouler la grande finale des jeux du royaume.
Il n’y aura qu’un gagnant. Qu’un vainqueur. Il sera porté aux nues alors que ses adversaires, même les plus coriaces seront irrémédiablement envoyés plus bas que terre. Que Dieu leur offre sa miséricorde et qu’il réserve son admiration à celui qui gagnera.
Pour votre plus grand plaisir, ils s’affronteront jusqu’au dernier.

Ainsi commence cette histoire moyenâgeuse, une histoire d’un autre temps où la vie des hommes comptait bien moins qu’un jeu aussi spectaculaire que mortel.

De tout le royaume et au-delà des montagnes les plus éloignées, des curieux, des amoureux des jeux du cirque, des envieux et des parieurs rejoignent la capitale de l’Ependoril.

Maximilien, accompagné par sa douce Frénégonde, avance à pas lents au milieu de l’arène. Sa femme porte sur son cœur, au-dessus de sa lourde robe vert espérance, une croix en or massif ornée de pierres précieuses. D’aucuns pensent que c’est purement ostentatoire, lui sait que ce bijou est en réalité ce qui permet à sa femme de supporter ces duels. Elle tripote nerveusement sa croix à chaque fois qu’une partie où son homme participe, débute. Autant dire que sa croix a plus souvent été astiquée que n’importe quel autre objet… L’homme sourit sous sa barbe épaisse et retient difficilement un fou-rire. Sa femme le regarde. Interloquée.

Ce matin, c’est différent. Tout sera différent. Même Frénégonde le sait, elle est sereine. Et c’est une soupape qui fait un bien fou à Maximilien. Pour la première fois, ils arrivent souriants. Tous les deux.
Habillé avec son armure d’apparât, le métal étincelle sous le soleil d’été. Il sait qu’il en impose et encore plus avec sa si belle Frénégonde. Ainsi entrent-ils. Elle lui envoie un dernier baiser et lui offre son mouchoir finement brodé pour lui porter chance.
Elle remonte les marches et rejoint l’estrade royale. Juste à côté de sa Majesté.
Un honneur que bien peu de non nobles ont un jour l’honneur de vivre. Elle est rayonnante et fait un discret signe de la main à son amour de combattant.

Le premier concurrent s’installe face à Maximilien. Ils sont séparés par un petit mètre. Un tout petit mètre qui fera la différence. D’un côté la vie. De l’autre la mort. Nue. Crue. Violente.
Les deux concurrents s’affrontent. La joute est de courte durée. Maximilien a des milliers de combats derrière lui et il n’a jamais perdu. Jamais. Le sang coule à ses pieds. Une rigole récolte le liquide et l’évacue un peu plus loin sous les gradins. Le peuple hurle sa joie et dès qu’un adversaire fait une faute, même la plus minime, le peuple scande. « A mort. A mort. » Le peuple exulte. Le roi est satisfait.

Dernier combat. Dernier jeu.
Dernier affrontement avant la victoire.

Un type dans un étrange accoutrement s’installe juste en face de l’invaincu. Ses habits bigarrés jurent avec la prestance de son adversaire. Il sourit de toutes ses dents. Enfin. De celles qu’il lui reste. On n’en distingue que trois, dont une qui risque de tomber sous peu.

– Prêts messires ? lance l’arbitre.

Les deux hochent la tête.

Top départ. Les deux hommes s’attrapent la main droite, se serrent les doigts les uns contre les autres et tentent par tous les moyens d’écraser le pouce de celui qui est en face avec son propre pouce. Le combat est rude et le jeu de jambes et de clés de bras risquent à tout instant de faire basculer la bataille.
La foule retient son souffle.
Alors que Maximilien est sur le point d’enfoncer son pouce d’un geste rageur, l’espèce de fou du roi esquive et feinte. Il déboîte son pouce, le fait tourner en sens inverse et écrase celui de son adversaire.

La foule laisse exploser un cri. A l’unisson.
– A mort l’invaincu.
Le roi se lève de son trône, jette un regard à Frénégonde, effondrée, et tend son bras, le pouce vers le bas.

Un bourreau fait son office. Le pouce de Maximilien est décapité. Le sang gicle. Le pouce tombe. L’invaincu s’effondre en même temps que sa dignité.

Le fou du roi a gagné.
Quelques instants plus tard, des mains du roi, il reçoit sa récompense et son trophée : un chapelet de doigts à porter autour du cou, bijou d’exception pour un combat d’exception.

Moralité : même à deux doigts de la victoire, il faut garder un œil sur le fou.

Publicités

À propos de Anna Sam

maman, blogueuse, auteur et un peu plus aussi ;) vous pouvez me lire sur : www.bdencre.com projet52aucarre.wordpress.com et mon premier blog (qui n'est plus actif) : caissierenofutur.over-blog.com

2 commentaires sur “[10] Anna – Le combat des titans

  1. GARREAU
    9 mars 2015

    Rhooo ! C’est saignant, j’aime bien la chute !

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Information

Cette entrée a été publiée le 9 mars 2015 par dans Anna Sam, historique, Humour, et est taguée , .
%d blogueurs aiment cette page :