Projet 52²

[01] Karine – Bienvenue

Contrainte : Utiliser le mot « bienvenue »

***

feu

On me l’avait raconté, mais j’avais un peu de mal à imaginer comment ce serait. Il faut dire que je suis encore jeune, j’ai peu d’expérience des « choses de la vie » et cette première fois m’excitait follement.

Cela ne s’est pas fait sans peine, cependant. J’ai dû devenir indépendant, dire au revoir à ma famille, mais je suis parti plein d’espoir. J’allais être chez moi et créer une nouvelle famille autour de moi.

Le voyage a été un peu long, d’autant plus que je n’ai jamais apprécié la voiture. J’avoue : j’ai vomi. Là, d’un coup, ça m’a pris. Pas le temps d’avertir le conducteur que… Il n’était clairement pas content, mais comme je suis jeune, il s’est laissé attendrir. Un mauvais point pour moi, cependant.

La nausée est passée : terminée la voiture ! Je suis au chaud dans une jolie maison. Je n’ai pas eu le temps de la voir en entier : ils ont été tellement excités de me recevoir qu’il ne m’ont même pas fait visiter mon nouveau chez moi ! On s’est assis sur le canapé, pour faire connaissance. Je mangeais et buvais : après avoir vomi, j’ai toujours faim, pas vous ? Puis, nous sommes sortis prendre l’air dans le jardin. J’étais ravi de voir qu’il y avait un bel espace vert à ma disposition.

La fatigue m’a gagné. Ils ont compris que j’ai besoin de repos et m’ont installé dans un lit douillet.

Là, dans le noir, j’ai dormi comme une souche. Je crois même que j’ai ronflé (encore un mauvais point ?). Quand je me suis réveillé, j’étais un peu déphasé : où étaient-ils ? Puis, il est arrivé en mettant un doigt sur sa bouche. Il avait l’œil qui brillait comme quelqu’un qui va faire une grosse bêtise. Ça m’a fait marrer et je suis entré dans son jeu.

Il m’a installé dans une grosse boîte au fond de laquelle se trouvait une couverture, puis il m’a porté. J’avoue que je n’en menais pas large : qu’est-ce qu’il allait faire de moi ? À travers des petits trous d’aération, j’ai découvert un couloir, la cuisine (il y avait un rôti sur la table ! Punaise, mais pose-moi là !), puis nous sommes arrivés dans le grand salon. Il a déposé la boîte à terre. Il faisait chaud. Je l’entendais rire sous cape. Puis, ils sont arrivés.

Je n’oublierai jamais le son de leurs voix rendues aigues par l’excitation, leurs pas précipités, leurs cris d’émerveillement. La boîte a été prise sans ménagement et mon maître est intervenu de sa grosse voix. J’ai été reposé et j’ai senti le couvercle s’ouvrir. Deux grands yeux humides ont attrapé mon regard alors que des mains délicates plongeaient dans ma fourrure. Je me retrouvai contre celle que j’allais aimer jusqu’à mon dernier souffle. Elle éclata d’un rire mêlé de larmes avant de se ruer (avec moi !) contre sa mère. Ouch ! Eh ! Tu m’écrases, là ! La femme m’a attrapé le menton pour me fixer dans les yeux et me dire, sans méchanceté :

– Bienvenue parmi nous, boule de poils. T’as intérêt à être sage !

Ça, tu peux toujours y croire…

Publicités

À propos de Karine Carville

Un jour, on m'a demandé si j'étais un auteur ou un écrivain. J'ai répondu que j'étais une écriveronne ! J'aime raconter des histoires et vous pourrez trouver mes livres sur http://karinecarville.com . J'y partage aussi des lectures et des conseils pour les jeunes auteurs.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Information

Cette entrée a été publiée le 5 janvier 2015 par dans Émotion, Humour, Karine Carville, Nouvelles, et est taguée , , , , , .
%d blogueurs aiment cette page :